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la besogne : il fallait entièrement déblayer des deux côtés, sinon en ouvrant la porte on risquait de faire écrouler toute cette masse de neige dans la cuisine ; ou bien elle gelait, et alors les habitants de la cabane étaient bloqués, car on ne pouvait plus se faire jour à travers ce glaçon, et il n’y avait que Pierre qui pût sauter par la petite fenêtre. Quant à lui, la saison du gel lui procurait bien des facilités. Lorsqu’il voulait descendre à Dörfli, par exemple, il ouvrait la fenêtre, se glissait dehors et se trouvait sur la neige durcie qui s’étendait au loin en un vaste champ d’une blancheur éblouissante ; la mère lui passait alors son petit traîneau, et Pierre n’avait plus qu’à s’asseoir et à se laisser glisser n’importe où et comment ; il ne pouvait manquer d’arriver en bas d’une manière ou de l’autre, car tout l’alpage n’était qu’une large glissoire ininterrompue.

Le Vieux, cependant, ne passait pas l’hiver sur l’alpe. Il avait tenu parole, et dès que la première neige était tombée, il avait fermé le chalet et l’étable et était descendu à Dörfli avec Heidi et ses chèvres. Dans le voisinage de l’église et de la cure s’élevait une vaste construction qui avait été autrefois une