Page:Spyri - Encore Heidi, 1882.pdf/72

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
— 62 —

blaient lui crier : « Dépêche-toi donc de venir, Heidi ! » — elle comprenait qu’elle était bien à la maison, elle sautait gaiement à bas du lit et se dépêchait pour pouvoir courir à l’étable.

Le quatrième jour cependant, Heidi, toute soucieuse, dit au grand-père :

— Aujourd’hui il faut absolument que je monte vers la grand’mère ; je ne peux pas la laisser seule si longtemps.

Mais le grand-père n’était pas de cet avis.

— Ni aujourd’hui, ni demain, dit-il ; il y a six pieds de neige sur l’alpe, et elle continue toujours à tomber ; c’est à peine si Pierre qui est solide s’y fraie un chemin. Une enfant comme toi, Heidi, serait en moins de rien ensevelie sans qu’on puisse la retrouver. Attends seulement encore un peu jusqu’à ce qu’il gèle ; tu pourras alors aller tant que tu voudras sur la neige durcie.

L’idée d’attendre causa d’abord un peu de chagrin à Heidi. Mais les journées étaient tellement remplies par toutes sortes de travaux et d’occupations, que l’une finissait et qu’une autre commençait sans qu’on s’en aperçût. Heidi allait maintenant chaque matin