Page:Stendhal - Pensées et Impressions, 1905, éd. Bertaut.djvu/72

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
70
PENSÉES

c’est un despote, bonhomme au fond, mais timide et trompé à plaisir par des nobles ou des généraux remplis de haine, mais plus ou moins imbéciles.

La fortune d’un certain lieutenant d’artillerie a rendu fous tous les Français pour un demi siècle au moins.

A vrai dire il n’y a plus de tournure d’état en France. Le seul état qui gâte encore un peu son homme, c’est celui de savant… A cette exception prés, chacun est affecté en raison directe de son peu d’esprit et de la masse d’argent et d’importance sociale qu’il possède.

C’est par suite d’une erreur d’optique que les patois semblent plus naïfs et plus aimables que les langues employées pour les choses tristes et raisonnables de la vie. Si l’on ne pouvait parler aux femmes qu’une certaine langue, fût-ce l’allemand de Vienne, cette langue nous semblerait bientôt l’emporter en grâce sur toutes les autres.