Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/251

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d’Autriche au lieu de l’anéantir, elle ne l’abandonnerait pas dans le malheur. Il disait que la Maison d’Autriche verrait la mauvaise position où elle se trouve à l’égard de la Russie. La Bavière qu’il avait créée en 1805 et sauvée en 1809 l’abandonna et chercha à lui donner le coup de grâce à Hanau, et si le général bavarois avait fait vingt fossés sur la route, il réussissait. Napoléon eut le défaut de tous les parvenus : celui de trop estimer la classe à laquelle ils sont arrivés.

Pendant la route de Hanau à Paris, Napoléon n’avait pas la moindre idée de son péril. Il pensait à l’élan sublime de 1792, mais il n’était plus le premier consul d’une république. Pour abattre le consul il fallait abattre trente millions d’hommes. En quatorze ans d’administration, il avait avili les cœurs et remplacé l’enthousiasme un peu dupe des républiques, par l’égoïsme des monarchies. La monarchie était donc refaite ; le monarque pouvait changer sans véritable révolution. Qu’est-ce que cela fait aux peuples[1] ?

Dans l’autre bassin de la balance, nous avions eu, durant quatorze ans, des souverains mourants de peur. S’ils songeaient à l’illustre maison de Bourbon,

  1. S’il y a eu révolution, c’est uniquement par l’ineptie des ministres de 1815.