Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/80

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Voilà pourquoi la suppression de la liberté de la presse était si bien calculée. La nation se montra parfaitement indifférente quand le premier consul lui ôta la liberté de la presse et la liberté individuelle. Aujourd’hui, elle souffre profondément de leur absence. Pour être juste, elle ne doit pas sentir avec sa susceptibilité d’aujourd’hui les événements d’alors. Alors l’épée de Frédéric (du vainqueur de Rosbach), apportée aux Invalides, la consolait de la perte d’un droit. Très souvent la tyrannie était exercée dans l’intérêt général : voyez la fusion des partis, l’arrangement des finances, l’établissement des Codes, les travaux des Ponts et Chaussées. On peut concevoir au contraire un gouvernement qui ne fasse éprouver que peu de gêne à l’individu parce qu’il est faible, mais qui emploie toute sa petite force à molester l’intérêt général.

Le premier consul se convainquit bien que la vanité était en France la passion nationale. Pour satisfaire à la fois cette passion de tous et sa propre ambition, il fut attentif à agrandir la France et à augmenter son influence en Europe. Le Parisien en trouvant un matin dans son Moniteur un décret commençant par ces mots : La Hollande est réunie à l’Empire, admirait la puissance de la France, voyait