Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/92

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CHAPITRE XXVI


À Sainte-Hélène, le chirurgien Warden qui paraît être un véritable Anglais, c’est-à-dire un homme froid, borné, honnête et détestant Napoléon, lui dit un jour, que les vérités du saint évangile elles-mêmes ne lui avaient pas semblé plus évidentes que ses crimes. Warden, entraîné, malgré lui, par la grandeur d’âme et la simplicité de son interlocuteur, se laissa aller à développer ses sentiments[1]. Napoléon parut satisfait, et, par reconnaissance de sa franchise, lui demanda, à son grand étonnement, s’il se rappelait l’histoire du capitaine Wright. « Je répondis : Parfaitement bien ; et il n’est pas une âme en Angleterre qui ne croie que vous l’avez fait mettre à mort au Temple. Il répliqua très vivement : Pour quel objet ? Il était, de tous les hommes, celui dont la vie m’était la plus utile : où pouvais-je trouver un plus irrécusable témoin dans le procès qu’on instruisait contre les conspirateurs ? C’était

  1. P. 128. 6e éd. chez Ackerman.