Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/93

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lui qui avait débarqué sur les côtes de France les chefs de la conspiration. Écoutez, ajouta Napoléon, et vous allez tout savoir. Votre gouvernement envoya un brick, commandé par le capitaine Wright, lequel débarqua sur les côtes de l’ouest de la France, des assassins et des espions. Soixante-dix de ces gens-là avaient réussi à gagner Paris, et toute cette affaire avait été menée avec tant d’adresse que, quoique le comte Réal, de la police, m’eût annoncé leur arrivée, jamais on ne put découvrir leur retraite. Je recevais tous les jours de nouveaux rapports de mes ministres qui m’annonçaient qu’on attenterait à ma vie, et, quoique je ne crusse pas la chose aussi probable qu’eux, je pris des précautions pour ma sûreté.

» Il arriva qu’on prit près de Lorient le brick commandé par le capitaine Wright. On mena cet officier au préfet du Morbihan, à Vannes. Le général Julien, alors préfet, et qui m’avait suivi en Égypte, reconnut sur-le-champ le capitaine Wright. Le général Julien reçut l’ordre de faire interroger séparément chaque matelot ou officier de l’équipage anglais et d’envoyer les interrogatoires au ministre de la police. D’abord, ces interrogatoires parurent assez insignifiants ; cependant, à la fin, les dépositions d’un homme de l’équi-