Page:Stirner - L’Unique et sa propriété.djvu/112

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


effectivement les premiers échelons de l’échelle céleste. Si le mongolisme a fixé l’existence d’êtres spirituels, créé un mode d’esprits, les hommes de la période caucasique se sont attaqués à ces êtres immatériels et ont cherché à en trouver le fond. Firent-ils autre chose que de bâtir sur le terrain mongolique. Ils n’ont pas édifié sur le sable, mais dans l’air, ils ont lutté avec le mongolisme, ils sont montés à l’assaut du ciel mongolique, du Thiéan. Mais quand l’anéantiront-ils ? quand seront-ils de vrais Caucasiens ? quand se retrouveront ils ? Quand donc « l’immortalité de l’âme » qui, en ces derniers temps avait cru s’affermir encore en se présentant sous forme d’ « immortalité de l’esprit » se changera-t-elle en « mortalité de l’esprit ? »

Dans l’effort industrieux des races mongoliques, les hommes avaient construit un ciel quand la souche caucasique, qui, tant qu’elle conserve sa coloration mongolique a affaire aussi avec ce ciel, entreprit une tâche opposée, elle voulut lui donner assaut, elle voulut escalader le ciel de la morale. Miner toutes les institutions humaines, pour en créer de nouvelles et de meilleures sur la place vide, s’attaquer aux mœurs existantes pour en établir à leur place de toujours neuves et supérieures, etc., en cela consiste son action. Mais est-elle déjà purement et réellement ce qu’elle s’efforce d’être et atteint-elle ses dernières visées ? Non, dans cette création d’un « meilleur », elle demeure prisonnière du mongolisme. Elle ne se rue sur le ciel que pour refaire un ciel, elle ne renverse une vieille puissance que pour en légitimer une nouvelle — elle ne fait qu’améliorer. Cependant le but, malgré qu’il disparaisse constamment des yeux à chaque nouvelle tendance, c’est de jeter à bas réellement et absolument le