Page:Stirner - L’Unique et sa propriété.djvu/115

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des sens, leur esprit seul y vit. De cette foi mongolique à l’existence d’être spirituels on tire facilement la conséquence que l’être propre de l’homme c’est son esprit, que toute préoccupation doit se rapporter à l’esprit seul, au « Salut de l’âme. » Ainsi se trouve assurée l’action sur l’esprit, la soi-disant « influence morale ».

Par suite il saute aux yeux que le mongolisme représente la confiscation absolue des droits des sens, l’insensibilité et le contraire de la nature, et que le péché et la conscience du péché furent pendant des années le mal mongolique.

Mais qui donc résoudra aussi l’esprit en son néant ? Celui qui s’aidant de l’esprit représentait la nature comme chose vaine, finissable et périssable, celui-là seul peut réduire l’esprit à une égale inanité. Je le puis, quiconque parmi vous le peut qui est un Moi agissant et créant à sa guise et que rien ne borne, — en un mot l’Égoïste.




Devant ce qui est sacré on perd tout sentiment de force, tout courage ; on devient impuissant et humble. Et cependant aucune chose n’est sacrée en soi, mais parce que je l’ai décrétée sacrée ; elle l’est par la sentence, par le jugement que je porte, par mes génuflexions, enfin par ma conscience.

Sacré est tout ce qui doit demeurer intact, inaccessible à l’égoïste, hors de son pouvoir c’est-à-dire au-dessus de lui, en un mot toute « affaire de conscience », car « c’est pour moi une affaire de conscience » signifie également « c’est pour moi une chose sacrée ».

Pour les petits enfants comme pour les animaux, il