Page:Stirner - L’Unique et sa propriété.djvu/79

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fantôme d’une personne sacrée, c’est-à-dire d’une personne protégée et reconnue que l’homme est considéré.

— Si je te cultive et te soigne c’est parce que je t’aime, parce qu’en toi mon cœur trouve son aliment, mes besoins leurs satisfactions, ce n’est pas à cause d’un être supérieur dont tu es le corps sacré, ce n’est pas parce que je vois un fantôme, un esprit apparaître en toi, mais par plaisir égoïste : toi-même avec ton être tu m’es cher, car ton être n’est pas plus élevé, plus général que toi-même, il est unique comme toi-même tu l’es.

Mais ce n’est pas seulement l’homme mais toute chose qui est spectre. L’être supérieur l’esprit qui hante toute chose n’est lié à rien, et ne fait qu’y apparaître. Fantômes dans tous les coins !

Ce serait le lieu ici de passer en revue les esprits s’ils ne devaient pas revenir plus loin pour s’envoler devant l’égoïsme. Je n’en citerai pour le moment que quelques-uns en exemple afin qu’on puisse tout de suite trouver la conduite à tenir envers eux :

Ainsi, saint est avant tout « l’esprit sain », sainte est la vérité, saint le droit, la loi, sainte la bonne cause, la majesté, saints le mariage, la chose publique, l’ordre, la police, etc.

La Fêlure.

Homme ! ta tête est hantée, tu as un grain, tu t’imagines de grandes choses, tu te dépeins tout un monde de Dieux qui existent pour toi, un royaume des esprits où tu es appelé, un idéal qui te fait signe. Tu as une idée fixe.

Ne crois pas que je raille ou que je parle au figuré quand je dis que les hommes qui se raccrochent à quelque chose de supérieur sont des fous véritables, des fous à lier ; comme pour l’immense majorité des