Page:Sue - Les Mystères du peuple, tome 12.djvu/34

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


de vouloir les décharger de leur commission, rejoindre tous ses revenus, et ensuite disposer du tout, selon son équité, intelligence et prudence accoutumées, à quoi ils furent reçus après quelques difficultés que fit le roi, en riant dans sa barbe, afin de faire mieux valoir sa marchandise [1]. » — Néanmoins, grâce à l’administration de Sully, qui blâmait sévèrement, mais en vain, les folles dépenses du Béarnais pour ses maîtresses et sa désastreuse passion du jeu, les impôts rentraient dans le trésor public ; la France, à l’aide de ses ressources, put poursuivre sa lutte nationale contre l’Espagne, et, en 1600, entreprendre une nouvelle guerre contre le duc de Savoie, guerre victorieusement terminée en cette même année où Henri IV, après avoir divorcé avec la sœur de Charles IX, si décriée pour ses débordements, épousa Marie de Médicis, fille de François, grand-duc de Toscane. En 1601, un traité de paix conclu avec le duc de Savoie (17 janvier) assure à la France, en échange du marquisat de Saluces, la possession de la Bresse, du Bugey, du Valromey et du pays de Gex. En 1602, le maréchal de Biron et le comte d’Auvergne, fils naturel de Charles IX, sont mis à la Bastille, accusés de conspiration contre Henri IV ; Biron est exécuté, les autres graciés. En 1603, les jésuites, chassés de France après l’attentat de Jacques Clément, poussé au régicide par ces bons pères, sont rappelés en France par Henri IV, quoiqu’il éprouvât une répulsion instinctive à leur égard ; mais, luttant contre ces sinistres pressentiments, il céda, malheureusement pour lui, pour la France, à des obsessions de mille sortes, et le bannissement des jésuites eut son terme… La république des Provinces-Unies, dont l’influence maritime et le développement commercial allaient toujours croissant, est solennellement reconnue, en 1607, par Henri IV ; il considérait l’alliance de cette république protestante comme l’un des puissants moyens d’action qui devaient concourir à réaliser un plan gigantesque depuis longtemps élaboré,

  1. Œconomie royale de Sully, t. III, p. 71.