Page:Sue - Les Mystères du peuple, tome 4.djvu/313

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Ce nom, en un pareil moment, causa un profond étonnement et une sorte de crainte vague.

— Un message de l’évêque et de la reine ! — reprit Loysik en se levant et se dirigeant vers la porte extérieure du monastère, — cela est étrange ! Le bac est amarré chaque soir de ce côté-ci de la rive, et les veilleurs ont l’ordre absolu de ne pas traverser la rivière durant la nuit ; sans doute ce messager aura pris une barque à Noisan pour remonter la rivière.

En parlant ainsi, le supérieur de la communauté s’était approché de la porte massive et verrouillée en dedans ; plusieurs moines, portant des flambeaux, suivaient le supérieur ; Ronan, le Veneur et un grand nombre de colons et de frères accompagnaient aussi Loysik ; il fit un signe, la lourde porte roula sur ses gonds, et l’on vit au dehors, éclairés par la lune, l’archidiacre et Gondowald, le chambellan de Brunehaut ; derrière eux étaient rangés en haie les hommes de guerre, casqués, cuirassés, boucliers au bras, lance à la main, épée au côté.

— Il y a là une trahison, — dit à demi-voix Loysik, se retournant vers Ronan ; puis s’adressant à l’un des moines : — Qui donc, cette nuit, est de guet à la logette du bac ?

— Nos deux prêtres… Ils ont offert à nos frères de les remplacer pour cette nuit de fête.

— Je devine tout, — répondit Loysik avec amertume ; — puis s’adressant à l’archidiacre qui, ainsi que Gondowald, s’était arrêté au seuil de la grande porte, tandis que leur escorte restait au dehors, il dit au guerrier et au prêtre :

— Qui êtes-vous ? que voulez-vous ?

— Je me nomme Salvien, archidiacre de l’église de Châlons et neveu du vénérable Sidoine, évêque de ce diocèse… Je t’apporte les ordres de ton chef spirituel.

— Et moi Gondowald, chambellan de notre glorieuse et illustre