Page:Sue - Martin l'enfant trouvé, vol. 3-4.djvu/176

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Bamboche ne m’écoutait plus ; Basquine, après s’être aidée de la tunique, et même du chignon de l’Hercule femelle, pour grimper jusque sur les épaules de celle-ci, où elle resta un moment derrière nous, Basquine, à l’instant où j’avertissais Bamboche, mettait déjà son petit pied dans le creux de la main de notre compagnon, main qu’il tenait à la hauteur de sa hanche à lui, en manière de marchepied ; d’un léger et nouvel élan, Basquine atteignit l’épaule de Bamboche, où elle appuya son pied droit, tandis que, sur la mienne, elle appuyait son pied gauche ; se croisant alors les bras, elle salua le public d’un mouvement de tête rempli de gentillesse.

À ce tour de force, merveilleux d’adresse, de grâce et d’intrépidité, des bravos frénétiques éclatèrent parmi les spectateurs.

Soudain je sentis, si cela se peut dire, à un lent et progressif renflement des épaules de la mère Major, qu’elle se préparait à tousser avec force… et, à cet instant-là même, Basquine, excitée par les applaudissements, se posa en Renommée, retirant son pied gauche, qui s’appuyait sur Bamboche, et rejetant doucement sa jambe en arrière ;… la pauvre enfant n’avait plus ainsi pour point d’appui que le bout de son pied qui reposait sur mon épaule.

Obéissant à un mouvement instinctif, car je n’eus pas le temps de calculer sa portée, je me rejetai tout-à-coup en arrière, en tendant les bras au moment où la mère Major toussait violemment… Basquine, dont j’étais l’unique point d’appui, et qui se trouvait alors légèrement penchée en avant, tomba devant moi,… j’eus l’incroyable bonheur de pouvoir, dans notre chute