Page:Sue - Martin l'enfant trouvé, vol. 3-4.djvu/201

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— Pèse-moi ça, Basquine, — dit Bamboche ; — pèse-moi ça, Martin.

Basquine et moi nous soupesâmes le sac ; il était fort lourd.

— Comment, ce sac est tout plein d’argent ? — s’écria Basquine.

— De l’argent ? — dit Bamboche en haussant les épaules avec dédain… — de l’argent ? belle rareté…

Prenant alors dans sa poche une petite clef, il me la donna (j’avais alors le sac entre les mains), et me dit :

— Frère… ouvre…

Je mis la clef dans la petite serrure du fermoir, le sac bâilla.

— Prends un rouleau, — me dit Bamboche.

Je pris au hasard un des deux ou trois rouleaux qui se présentaient à moi, rouleaux de trois pouces de long, soigneusement enveloppé de papier, cacheté à l’un de ses bouts, mais seulement replié à l’autre.

— Regarde dans ce rouleau, — me dit Bamboche.

Je dépliai le papier et je m’écriai :

— De l’or !

— De l’or ! — s’écria Basquine à son tour, — tout ça de l’or !

— À un autre rouleau ! — médit Bamboche avec une satisfaction de plus en plus triomphante.

Je donnai à Basquine le rouleau que je tenais ; j’en pris un second.

— Encore de l’or, — lui dis-je.

— Toujours de l’or, — dit Bamboche radieux, — toujours de l’or… Ça serait ainsi jusqu’à demain… Ces rouleaux en sont pleins. Je n’ai pas eu le temps de