Page:Sue - Martin l'enfant trouvé, vol. 3-4.djvu/400

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— Oui, je regarderais comme une précieuse faveur qu’elle pût y être transférée… je pourrais la voir… presque aussi souvent que je la voyais ici… et mes soins lui sont devenus plus nécessaires que jamais…

— Plus nécessaires que jamais ? Expliquez-vous, mon ami.

Claude Gérard ne me répondit pas ; ses traits exprimèrent une angoisse pénible, son front rougit comme s’il eût ressenti quelque secrète honte…

— Je ne t’ai pas confié ce nouveau chagrin, — me dit-il, — parce que je ne puis penser à cet événement sans un mélange de douleur et d’épouvante ; il est des choses si horribles, que l’on éprouve une honte mortelle… rien qu’à les raconter… Mais en te faisant connaître ce sinistre secret… tu comprendras mieux encore l’importance de la demande que je fais en faveur de cette malheureuse créature. Hélas !… je croyais que la misère, que la dégradation humaine ne pouvait aller au-delà de la perte de la raison ; je me trompais… — ajouta Claude Gérard avec un effrayant sourire.

— Oui, — reprit-il, — ce qui est arrivé à cette infortunée me prouve que je me trompais…

— Que dites-vous ?…

— Écoute… et tu verras que toutes les horreurs dont ton enfance a été témoin chez ces misérables saltimbanques, ne sont rien auprès de cette monstruosité. Ceci s’est passé par une fatalité étrange le lendemain du jour où je vis ici Bamboche pour la dernière fois… Mais, — ajouta Claude Gérard en s’interrompant, — pour te faire comprendre ce qu’il y a d’affreux dans ce mystérieux événement… quelques détails sont indis-