Page:Sue - Martin l'enfant trouvé, vol. 3-4.djvu/406

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


Étienne dans sa voiture… C’est un bien grand malheur pour sa famille…

— Oh ! bien grand, — m’écriai-je involontairement ; puis j’ajoutai : — mais… il reste sans doute quelque espoir ?

— Aucun, Monsieur, aucun. L’événement est arrivé ce matin, sur les dix heures, au ministère de l’intérieur, où se trouvait M. de Saint-Étienne. L’on a envoyé chercher, bien entendu, les meilleurs médecins de Paris,… et…

Mon interlocuteur s’interrompit. Une certaine agitation s’éleva tout-à-coup dans les groupes, à la vue d’un domestique tout haletant qui, accourant de la rue, s’écria, en s’adressant à celui de ses camarades auquel j’avais déjà parlé, et qui semblait placé en vedette :

— Voilà Madame… j’ai vu la voiture…

À ces mots, l’autre domestique monta précipitamment les marches d’un perron, et, presque aussitôt, un homme âgé, à cheveux blancs, sortit du rez-de-chaussée en essuyant ses yeux remplis de larmes, et se dirigea vers la voûte de la porte-cochère, resta un instant sur le seuil, d’où il fit sans doute signe d’arrêter à la voiture qui s’approchait, puis il sortit rapidement dans la rue.

— Ce vieux monsieur est de la famille, — dit l’une des personnes des groupes, — il ne veut pas laisser cette pauvre dame et ses enfants rentrer ici pour apprendre tout-à-coup un malheur si imprévu…

— On va probablement les emmener chez des parents, — dit un autre.

Si insignifiants que soient ces détails, je ne les ai pas oubliés, parce que, pour moi, chacun de ces mots