Page:Swift - Gulliver, traduction Desfontaines, 1832.djvu/81

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Les séminaires pour les mâles d’une naissance illustre sont pourvus de maîtres sérieux et savans. L’habillement et la nourriture des enfans sont simples. On leur inspire des principes d’honneur, de justice, de courage, de modestie, de clémence, de religion et d’amour pour la patrie : ils sont habillés par des hommes jusqu’à l’âge de quatre ans ; et, après cet âge, ils sont obligés de s’habiller eux-mêmes, de quelque grande qualité qu’ils soient. Il ne leur est permis de prendre leurs divertissements qu’en présence d’un maître : par là, ils évitent ces funestes impressions de folie et de vice qui commencent de si bonne heure à corrompre les mœurs et les inclinations de la jeunesse. On permet à leurs père et mère de les voir deux fois par an. La visite ne peut durer qu’une heure, avec la liberté de baiser leur fils en entrant et en sortant ; mais un maître qui est toujours présent en ces occasions ne leur permet pas de parler secrètement à leur fils, de le flatter, de le caresser, ni de lui donner des bijoux ou des dragées et des confitures.

Dans les séminaires pour les femelles, les jeunes filles de qualité sont élevées presque comme les garçons. Seulement elles sont habillées par des domestiques de leur sexe, mais toujours en présence d’une maîtresse, jusqu’à