Page:TMI - Procès des grands criminels de guerre devant le Tribunal militaire international, vol. 1, 1947.djvu/325

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Gouvernement, cinq cents SS, sous le commandement de Kaltenbrunner, encerclèrent la Chancellerie fédérale ; un détachement spécial y pénétra sous la conduite de l’adjoint de Kaltenbrunner, pendant que Seyss-Inquart négociait avec le Président Miklas. Mais rien, par ailleurs, ne prouve que Kaltenbrunner ait participé aux divers plans de guerre d’agression. L’Anschluss, bien qu’il ait été un acte d’agression, n’est pas considéré comme une guerre d’agression et les charges que l’on peut relever contre Kaltenbrunner dans le domaine du premier chef d’accusation, ne constituent pas, selon le Tribunal, la démonstration de sa participation directe à un plan établi en vue d’une guerre de cette nature.


Crimes de guerre et crimes contre l’Humanité.

Quand il devint le 30 janvier 1943, chef de la Police de sûreté et du SD ainsi que chef du RSHA, Kaltenbrunner prit en charge une organisation qui comprenait les principaux services de la Gestapo, du SD et de la Police criminelle. En tant que chef du RSHA, il avait qualité, soit pour ordonner les mises en « détention de protection » dans les camps de concentration, soit pour faire libérer des internés. Les ordres, dans ce domaine, portaient habituellement sa signature.

Kaltenbrunner avait connaissance des conditions de vie qui régnaient dans les camps de concentration. Il avait certainement visité Mauthausen, et il résulte de plusieurs témoignages qu’il y a vu des prisonniers exécutés, à titre de démonstration, par diverses méthodes : pendaison, coup de feu dans la nuque et asphyxie par les gaz. Kaltenbrunner a personnellement ordonné des exécutions d’internés et son service servait à transmettre aux camps de concentration les ordres d’exécution émanant du bureau de Himmler. À la fin de la guerre, Kaltenbrunner participa à l’organisation de l’évacuation des internés des camps et à l’extermination de beaucoup d’entre eux, afin de les soustraire aux armées alliées qui allaient les libérer.

Le RSHA — pendant la période où Kaltenbrunner le dirigea — fut utilisé pour la réalisation d’un vaste programme de crimes de guerre et de crimes contre l’Humanité. Des prisonniers de guerre furent maltraités et assassinés. Ceux de l’Union Soviétique furent passés au crible par des Einsatzkommandos, opérant sous le contrôle de la Gestapo ; les Juifs, les commissaires et les autres personnes jugées hostiles à l’idéologie du régime nazi, étaient signalés au RSHA ; celui-ci les faisait transférer dans des camps de concentration où ils étaient exécutés. Pendant la même période, le RSHA promulgua un ordre dit « Action Kugel », en vertu duquel certains prisonniers de guerre, évadés et repris, devaient être amenés à Mauthausen et fusillés. Un ordre prévoyant l’exécution des