Page:TMI - Procès des grands criminels de guerre devant le Tribunal militaire international, vol. 1, 1947.djvu/346

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Führer ». Il n’a pas prétendu que ce discours n’exprimât pas son état d’esprit à cette époque. Après l’occupation du territoire des Sudètes, il prit des mesures en vue d’un changement de la monnaie et en vue d’incorporer à la Reichsbank les différentes banques tchèques d’émission. Le 29 novembre 1938, il prononça un discours dans lequel il souligna avec fierté sa politique économique, qui avait fait de l’armement allemand ce qu’il était, et ajouta que cet armement avait permis de réaliser la politique étrangère de l’Allemagne.

Schacht n’a participé à l’établissement des plans d’aucune des guerres d’agression, respectivement visées au chef d’accusation n° 2. Il est vrai qu’il a pris part à l’occupation de l’Autriche et à celle du territoire des Sudètes (qui ne sont d’ailleurs ni l'une ni l’autre considérées comme guerres d’agression), mais ce fut dans une mesure trop restreinte pour que son action constituât une participation au plan commun visé au premier chef de l’Acte d’accusation.

De toute évidence, il n’avait pas trempé étroitement dans l’élaboration de ce plan, comme d’autres collaborateurs intimes de Hitler qui le considéraient avec une hostilité non déguisée. La déposition de Speer établit que Schacht fut arrêté le 23 juillet 1944, tout autant par suite de l’hostilité que manifestait Hitler à son égard à cause de son attitude avant la guerre, que par suite du fait qu’on le soupçonnait d’avoir participé au « complot de la bombe ».

Les accusations portées contre Schacht ne pourraient, en conséquence, être maintenues que dans la mesure où Schacht aurait effectivement eu connaissance des plans d’agression nazis.

Le Ministère Public a fourni des preuves relatives à cette question qui est très grave, et une masse de documents et de témoignages ont été produits par la Défense. Le Tribunal a examiné très attentivement toutes ces preuves et il en conclut que l’accusation contre lui est trop douteuse pour être retenue.


Conclusion.

Le Tribunal déclare :

Que l’accusé Schacht n’est pas coupable des crimes visés par l’Acte d’accusation ;

Et ordonne :

Que l’officier attaché au Tribunal prenne toutes dispositions pour que Schacht soit mis en liberté dès que l’audience sera levée.


DÖNITZ.

Donitz est inculpé des crimes visés par les premier, deuxième et troisième chefs de l’Acte d’accusation. En 1935, il prit le commandement de la première flottille de sous-marins qui fut constituée