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LE RÉGIME MODERNE


obtenir le brevet indispensable, le maître de pension à Paris verse 300 francs, en province 200 francs ; le chef d’institution à Paris verse 600 francs, en province 400 francs ; en outre, ce brevet, toujours révocable, n’est accordé que pour dix ans ; au bout de dix ans, le titulaire doit en obtenir le renouvellement et payer de nouveau la taxe. Quant à ses élèves, quels qu’ils soient, pensionnaires, demi-pensionnaires ou même gratuits[1], l’Université perçoit sur chacun d’eux une taxe égale au vingtième du prix de la pension entière ; c’est lui, directeur de la maison, qui prélève et verse la taxe ; il en est le collecteur responsable, le comptable et le débiteur. Qu’il n’oublie pas de déclarer bien exactement le prix de sa pension et le nombre de ses élèves : sinon, enquête, vérification, condamnation, restitution, amende, censure et clôture possible de sa maison.

Des règlements de plus en plus stricts lui serrent la corde au cou, et en 1811 les articles rigides du dernier décret tirent si fort, qu’il ne peut manquer d’étrangler à courte échéance. Napoléon compte là-dessus[2] ; car ses lycées, surtout au début, n’ont pas réussi ; ils n’ont pas obtenu la confiance des familles[3] ; la discipline y est

  1. A. de Beauchamp, Recueil, etc. (Décrets du 17 mars 1808, article 134, du 17 septembre 1808, articles 25 et 26, du 15 novembre 1811, article 63).
  2. Ambroise Rendu, Essai sur l’instruction publique, 4 volumes, 1819, I, 221 (Note de Napoléon à M. de Fontanes, 24 mars 1808). « l’Université a l’entreprise de toutes les institutions publiques, et doit tendre à ce qu’il y ait le moins possible d’institutions particulières. »
  3. Eugène Rendu, Ambroise Rendu et l’Université de France (1861), 25-26 (Lettre de l’Empereur à Fourcroy, 3 floréal an XIII