Page:Tanner - James, Memoires de John Tanner, vol 1, 1830.djvu/311

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


fant, ou plus souvent une boucle de ses cheveux qu’il doit jeter sur le champ de bataille.

Les éclaireurs qui précèdent tout parti guerrier dans le pays ennemi ne manquent jamais, en examinant les cabanes et les camps abandonnés, de ramasser et de conserver soigneusement tous les jouets abandonnés par des enfans, tels que de petits arcs ou même un fragment de flèche brisée. S’ils connaissent un homme qui ait perdu son enfant, ils les lui montrent en lui disant : « Votre petit garçon est en tel endroit ; nous l’avons vu jouer avec les enfans de nos ennemis. Voulez-vous aller le voir ? » Le malheureux père prend presque toujours ce jouet, le regarde quelque temps, se met à pousser des cris et veut marcher au combat. Un chef indien, entrant en campagne, n’a d’autre pouvoir sur ses guerriers que son influence personnelle (79). Il faut donc bien qu’il ait recours à toute espèce de moyens pour exciter et soutenir leur ardeur.