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LA LANGUE FRANÇAISE

XVIIe siècle, que celui de la cour et de la haute société. Nos cultivateurs, nos braves habitants parlent comme parlait Louis XIV : voilà, je le sais, une proposition qui a le don d’exciter l’hilarité des contempteurs du canayen, mais qui n’est pourtant pas très éloignée de la stricte vérité. L’exagération qui s’y trouve ne dépasse pas, à mon humble avis, les bornes d’une figure de rhétorique permise.

Mais, avant d’entreprendre d’établir cette thèse, en l’appuyant sur de vieilles grammaires, permettez-moi de citer quelques témoignages d’écrivains français qui ont visité le Canada.

M. H. de Lamothe, dans son ouvrage intitulé : “ Cinq mois chez les Français d’Amérique, ” publié en 1879, s’exprime comme suit, à la page 29, en parlant de Québec : “ On entend bientôt le doux parler de France qu’un accent tout particulier souligne sans le défigurer. On prétend que cet accent vient de la Normandie, patrie de la grande majorité des premiers colons du Canada. Récemment un Canadien, voya-