Page:Taxil, Mémoires d'une ex-palladiste parfaite, initiée, indépendante.djvu/237

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une nouvelle preuve de l’identité d’Eirenœus comme même personnage que mon ancêtre ; car cette édition allemande de la Métamorphose des Métaux porte en toutes lettres : « par Thomas Vaughan ».

Quant aux deux autres traités, on les retrouve reproduits en entier par Manget, dans sa Bibliothèque chimique.

Rappelons en passant que c’est en 1670 que Spinoza publia son fameux Tractatus theologico-politicus, qui posait le panthéisme en principe. L’ouvrage, qui forme un volume in-quarto de 240 pages, porte « Hambourg » comme lieu d’édition. Dans ses Mémoires, Philalèthe affirme que cette indication était fausse ; il fallait dépister les adversaires : le livre fut imprimé, en réalité, à Amsterdam, chez l’imprimeur des Rose-Croix, et c’est le F▽ Simon de Vriès qui fit les frais de l’édition.

En 1671, mourut à Amsterdam le vieux Komenski, dans les bras de Thomas Vaughan ; le Frère Serenus était dans sa quatre-vingtième année.

Mais voici que le temps approche où Philalèthe doit, non pas mourir, mais disparaître à son tour.

Vers 1674, il fit venir auprès de lui le jeune Charles Blount, pour qui croissait de plus en plus son affection. Mon ancêtre a laissé dans ses manuscrits une relation des effrayants conseils qu’il donna à son successeur, lors de cette entrevue.

C’est la destruction de l’Église de Jésus-Christ qu’il veut ; mais il sait que le monde n’est pas encore mûr pour le culte public de Lucifer. Il faut donc détruire la religion par tous les moyens qui ne laisseront pas comprendre le but final.

Il engage Charles à se pénétrer des préceptes secrets des néo-platoniciens d’Alexandrie ; il lui fait l’éloge de la belle et savante Hypathie. Simon le Mage et le divin Apollonius lui sont présentés comme des patriarches de la plus haute sainteté. Il lui recommande de s’appuyer sur les Maçons Acceptés, qui forment l’élite des Loges maçonniques, et de veiller, quand il ne sera plus là, lui Philalèthe, à ce que la propagande socinienne soit toujours très active au sein de ces réunions si bien tolérées par les gouvernements.

« J’ai été vraiment inspiré de Dieu, écrit-il, le jour où j’ai compris tout le concours que la Fraternité de la Rose-Croix obtiendrait d’innombrables hommes, en s’insinuant dans la société des Libres-Maçons. Admire, mon jeune Frère, les progrès que nous avons accomplis, depuis que j’ai mis à exécution cette idée grandiose. Nous nous éten-