Page:Théâtre de Plaute, Panckoucke, tome 2.djvu/167

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ce sont deux soeurs, deux bacchantes samiennes, courtisanes accortes, nées en même jour, des mêmes parents, du même sein, jumelles qui se ressemblent comme deux gouttes d’eau,ou deux gouttes de lait. C’est à s’y méprendre : les yeux en les voyant sont confondus ; on ne sait comment les distinguer l’une de l’autre ; on croirait que d’une seule on en a fait deux. — Eh bien, après a direz-vous. — Faites silence, je vais vous exposer le sujet de la comédie. Vous connaissez tous le pays de Samos. Il n’y a point de mers, de continents, d’îles, de montagnes où vos légions ne se soient ouvert une route. A Samos donc, Sostrate, fille de Pyrgotèle, femme de Pyroclès, mit au jour deux filles par un seul enfantement, et comme le mari et la femme étaient initiés aux mystères de Bacchus, ils voulurent nommer leurs filles du nom de ce dieu. Par un sort assez commun, les jumelles devinrent orphelines ; une d’elles fut emmenée en Crète par un riche militaire, l’autre vint dans la ville de Cécrops. Mnésiloque, fils de Nicobule, la vit, l’aima, et entretint avec elle un commerce assidu. Cependant le jeune homme est envoyé par son père à Éphèse, pour recouvrer un dépôt confié jadis au vieil Archidame, un ancien ami, de race phénicienne. Ce soin retient Mnésiloque à Éphèse pendant deux ans ; là, il apprend par des voyageurs de sa connaissance, que sa maîtresse est partie d’Athènes. Aussitôt l’amant désolé écrit à Pistoclère, fils de Philoxène, camarade excellent, unique, de chercher la fugitive. Pistoclère en servant son ami devient amoureux lui-même. Les deux sœurs étaient de retour à Athènes ; une d’elles prend le chercheur dans