Page:Théâtre de Plaute, Panckoucke, tome 2.djvu/219

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moi, j’ai un bon dos à ma disposition. Allons instruire Mnésiloque de tout ce que j’ai machiné pour notre or et pour ses amours qu’on a retrouvés.

ACTE 3


Scène 1

LYDUS, seul, sortant de chez Bacchis.

Ouvrez ! ouvrez vite, de grâce ! que je sorte de cet enfer. Oui, c’est un enfer ; car on n’y peut entrer, que quand on est abandonné de tout espoir et perverti sans retour. Ce ne sont pas de simples bacchantes, que ces Bacchis, mais bien des Ménades forcenées. Qu’on me délivre de ces femelles maudites qui sucent jusqu’à la dernière goutte le sang de leurs victimes. Quel antre de perdition ! quel appareil de luxe et de goinfrerie ! A cette vue j’ai pris la fuite à toutes jambes… Et je garderais le secret sur cette équipée, Pistoclère ? Et je n’instruirais pas ton père de tes déportemens, de tes profusions, de ce bel emploi de ton temps, qui ne va rien moins qu’à entraîner, avec toi, ton père, et moi, et tes amis, et tous tes proches dans ta ruine et dans un abîme de déshonneur et d’opprobre ? Tu n’as pas eu de honte, en ma présence, des excès auxquels tu te livres en ce lieu ! et ton père, et ta famille, et tes amis, et moi, tu nous mets sur le dos le poids de ces dérèglemens et d’une telle infamie ! Tu n’achèveras pas ce dernier exploit. Oui, je cours avertir ton père. Je ne laisserai pas peser sur moi un tel reproche. Allons tout révéler au vieillard, pour