Page:Théâtre de Plaute, Panckoucke, tome 2.djvu/227

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tunique de travail, et, assis sur un escabeau à côté de ton précepteur, tu lisais ta leçon. Et si tu manquais une syllabe, ta peau devenait plus tachetée que le manteau d’une nourrice.

MNÉSILOQUE.

C’est à cause de moi, qu’on dit tant de mal de mon ami ; j’en suis désolé. Son obligeance pour moi lui attire des reproches qu’il ne mérite pas.

PHILOXÈNE.

Les mœurs ont changé, Lydus.

LYDUS.

Je ne le sais que trop. Car autrefois on commençait déjà de briguer les suffrages du peuple et les dignités, qu’on obéissait encore à son précepteur. Mais aujourd’hui, voyez un marmot à peine âgé de sept ans ; si l’on a le malheur de le toucher, il casse la tête de son maître avec sa tablette. Va-t-on se plaindre aux parents ? Tel est le langage que le père tient à son fils : « Bien ! je reconnais mon sang ; c’est ainsi que tu dois repousser l’injure. » On fait venir le précepteur : « Ah çà ! vieil imbécile, lui dit-on, garde-toi de frapper mon fils, parce qu’il a montré du cœur. » Et le précepteur s’en va, la tête enveloppée d’un linge huilé, comme une lanterne. Voilà comment on lui fait justice. De cette manière peut-il avoir quelque autorité ? c’est l’écolier qui commence à battre son précepteur.

MNÉSILOQUE, à part.

La plainte est véhémente, à ce que je puis comprendre. Il faut que Pistoclère ait donné des coups à Lydus.