Page:Tharaud - Dingley.djvu/109

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temps encore l’emplacement du bivouac, puis disparurent ou s’éteignirent.

Une foule de pensées bizarres tourbillonnaient dans son esprit. Les gens qui le lisaient à cette heure, paisiblement, sous la lampe, pouvaient-ils l’imaginer, seul, errant au milieu de ce charnier ? Il y avait tant de lieux dans le monde où il aurait pu être à l’abri, tant de cabines de transatlantiques, tant de bungalows dans l’Inde, tant de maisons, tant d’appartements à Londres, et cette villa de Dossieclipp et la chambre de l’enfant malade… Pourquoi était-il justement là, seul, ce soir, dans ce coin perdu ? Oui, tout cela avait sa raison, s’expliquait par la plus simple logique. Mais est-ce que jamais la logique a donné la raison de rien ? N’avait-il pas bâti sur elle ses contes les plus fantastiques ? Il voyait, il remontait toute la suite des événements qui l’avaient conduit ici, sans arriver pourtant à comprendre ni comment, ni pourquoi il s’y trouvait, tel un négociant failli, qui a obtenu vingt fois le même total à son compte et