Page:Tharaud - Dingley.djvu/137

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reils, pas un mot ne l’attendait ; et il se disposait à sortir de la Maison des Machines Insensibles, quand le télégraphiste lui glissa sous la main un carré de papier blanc. Le romancier leva sur lui un regard interrogateur : le commis désirait un autographe. C’était l’employé anglais, correct, imberbe, aux cheveux dociles, fendus par une raie, dont il avait si souvent raconté la vie, les heures de défaillance et de spleen, les siestes quand il fait 40 degrés à l’ombre et que le pankha va et vient, envoyant des bouffées d’air torride, les crises d’activité quand le thermomètre descend à 3o degrés, les chevauchées de plusieurs milles à travers la brousse, pour jouer une partie de cartes avec le camarade le plus voisin et boire un verre de soda, en Égypte, dans l’Inde, en Birmanie, partout où le Gouvernement britannique place des jeunes hommes en des endroits solitaires.

Dingley signa le papier et sortit.

À la porte de l’office il aperçut O’Reilly, l’aimable lieutenant irlandais qui avait fait