Page:Tharaud - Dingley.djvu/167

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exécuté quelques Cafres qui espionnaient son commando…

— Des Cafres ! s’écria Madame du Toit en l’interrompant à son tour. Des Cafres ! Est-ce que cela compte, ça ! Que de fois, dans mon enfance, j’ai vu mon père en abattre sous mes yeux ! Ici même, on en a pendu, on en a détruit des centaines ! Et l’on fusillerait Lucas parce qu’il s’est débarrassé de trois ou quatre de ces nègres, et qui l’espionnaient encore ! Non, non, Monsieur, ce n’est pas là de l’humanité, de la justice ! C’est un prétexte qu’on invente, vous le voyez bien vous-même, ce n’est pas une raison véritable !

— Madame, dit enfin le romancier, vous exagérez mon pouvoir. Si l’occasion s’était offerte, j’aurais risqué avec bonheur ma vie pour M. Lucas du Toit. Il m’a rendu un service que je ne saurais oublier. Mais il ne peut être question que je fasse un plaidoyer en faveur de votre fils. Un sentiment personnel et qui n’intéresse que moi, ne saurait intervenir dans les affaires de l’Empire.