Page:Tharaud - Dingley.djvu/184

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part, il reconnaissait la loi inflexible du destin et refusait d’admettre qu’un homme pût agir sur la marche du monde. D’autre part, il n’admirait rien tant que la confiance d’un Anglais dans son pouvoir de créer sa destinée, et lui-même il s’emportait dans l’action avec frénésie, comme s’il n’eût pas senti sur ses épaules le joug de la fatalité. Ces sentiments opposés, le romancier les conciliait dans l’idée que sa race était la Race élue, choisie par Dieu pour administrer le monde, et qu’elle avait reçu du Seigneur, le Lord de la Race Impériale, la grâce de distinguer, parmi les signes et les voix des temps, ce qui était sa volonté. Dans Cécil Rhodes il honorait un des plus actifs contremaîtres de cette volonté divine.

— Il y a vingt ans, à Oxford, j’étais un pauvre fellow, poursuivit Rhodes avec une singulière expression de tristesse dans ses yeux bleus. Je suis redevenu un pauvre fellow ! Pour me guérir, il me faudrait maintenant une autre Afrique. Mais il n’y a