Page:Tharaud - Dingley.djvu/24

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— Le brave homme ! mugit le sergent, en posant la main sur la recrue qui lui venait à l’épaule. Si la patrie en avait des cent et des mille comme lui, des paysans, des bandits, des roughs ne feraient pas pleurer notre Reine ! Allons, gentlemen, de l’enthousiasme ! Le Commandant en chef demande des gens de cœur pour les divisions de cavalerie montée. Que tous ceux qui sont intéressés à la prompte solution de la guerre fassent leur paquet et rejoignent !

Un second misérable s’approcha. Le sergent le serra contre son cœur, cependant qu’il continuait de pérorer dans la brume :

— Déjeuner du matin au thé et à la marmelade, tranches de jambon et corned beef…

Peu à peu, les curieux se dispersaient. Là-haut, sur sa colonne, Nelson en grand uniforme, avec son épée et son bicorne, s’enfonçait dans le brouillard. Aux quatre coins du monument, les quatre lions britanniques, la tête entre les pattes, s’endormaient doucement. Çà et là, passait et repassait un correct policeman, la jugu-