Page:Tharaud - Dingley.djvu/25

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laire au menton. Aux derniers étages des immeubles brillaient et s’éteignaient des affiches.

Bientôt la triste flamme du réverbère n’éclaira plus que Dingley, le sergent et trois pauvres diables marqués par cette misère de Londres, la ville du monde où l’être humain, sitôt qu’il s’abandonne, déchoit le plus vite et le plus bas.

Le racoleur prit deux des cockneys sous le bras, fit un signe au troisième. Mais celui-ci demeura immobile, planté sur l’asphalte boueux comme un arbre de square.

Dingley suivit le sergent et ses recrues, comme il avait suivi la vieille. Derrière eux, il pénétra dans un bar, s’assit à une table voisine et les écouta causer.

Ils commencèrent par boire des whiskey soda, puis du gin pur. Le racoleur avait rejeté sa houppelande et apparaissait maintenant sanglé dans sa jaquette écrevisse, le bonnet sur l’oreille, les cheveux pommadés, et caressant de sa badine ses longues jambes d’échassier. Avec une verve méridionale il