Page:Tharaud - Dingley.djvu/79

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Ici tout vous appartient. On emporte tout avec soi, sa maison et sa cantine : c’est l’intimité du home et la liberté du voyage.

« Nous chevauchons à travers des étendues pierreuses, où le clergyman attaché à la colonne veut reconnaître les traits des paysages bibliques. Dans la même journée, le pôle antarctique nous envoie ses vents glacés, le désert un simoun brûlant, les tropiques la queue de leurs orages, et le soir tire, pour nous distraire, un éblouissant feu d’artifice. Ces marches pendant des semaines, au milieu de ces aridités, ont une sobre grandeur. Les richesses invisibles de ce pays où l’or court comme une eau souterraine, ajoutent une qualité mystérieuse à sa désolation inexprimable. Pas un de nos cavaliers qui ne le sente obscurément, mais nous donnerions tous un filon d’or pour une source d’eau claire ! De fois à autre nous rencontrons une colonne poussiéreuse qui rampe sur le Veld, aussi éreintée que la nôtre. On s’arrête, on fraternise, on se communique les nouvelles. Hier nous avons croisé lord D…