Page:Theodore Pavie - Histoire des trois royaumes vol 1, Duprat, 1845.djvu/230

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cavalerie, prince de Tchy-Yang, inspecteur général à la cour et dans les provinces ; Kouo-Ssé eut le titre de prince de Mey-Tchang et le commandement du dernier corps d’armée ; l’un et l’autre ils reçurent la hache et la moitié du sceau, emblèmes de leurs dignités.

Ainsi, maîtres des postes qu’ils voulaient occuper, les deux chefs rebelles dominaient les affaires de l’État. Fan-Tchéou eut le commandement de l’armée de droite avec le rang de prince de Wan-Nien ; Tchang-Tsy celui de la cavalerie irrégulière et le titre de prince de Ping-Yang. D’autres grades furent accordés aux chefs secondaires, et chacun se trouvant satisfait, les troupes se retirèrent à Hong-Nong. Alors aussi cessèrent le pillage et les violences exercées contre les habitants.

Ly-Kio et Kouo-Ssé envoyèrent chercher les restes de Tong-Tcho ; on ne put apporter que quelques ossements. Avec du bois odorant, les deux généraux firent sculpter l’image du ministre défunt, et lui adressèrent de solennels sacrifices, sans oublier d’y joindre un éloge aussi pompeux que vain des vertus de ce monstre de cruauté ; puis ils l’ensevelirent avec le bonnet et les habits d’un empereur. Enfin, après de très longues cérémonies, ayant choisi un jour heureux, une heure propice, ils allèrent l’inhumer à Meï-Ou, dans la ville qu’il avait fait fortifier. Cette même nuit, le ciel versa une pluie violente qui pénétra la terre à une assez grande profondeur ; la foudre ouvrit la tombe, mit à nu le cercueil au point que les restes du ministre pervers furent réduits en morceaux. Le lendemain, Ly-Kio le fit inhumer de nouveau à la même place, et le même prodige se renouvela ; enfin, une troisième fois, il s’opiniâtra à ensevelir son ancien maître, et pour la troisième fois aussi un déluge de pluie détruisit ce qu’il avait fait. N’étaient-ce pas visiblement les esprits du ciel et de la terre qui opéraient ce miracle !

Cependant, arrivés au faîte du pouvoir, Kio et Ssé ruinaient et décimaient le peuple par leurs exactions et leurs cruautés ; ils avaient placé auprès du jeune empereur, en qualité d’officiers du palais, des hommes dévoués à leur service, et chargés de surveiller tous ses mouvements ; quiconque refusait obéissance à