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gustave

Il s’appuie sur le parapet du bateau traversier, pour cacher aux autres passagers les larmes qui inondent ses paupières. Ses yeux errent çà et là et, malgré ses efforts, ils se tournent sans cesse vers la demeure de M. Lewis.

Tout à coup il aperçoit un vapeur qui descend la rivière, et il croit le reconnaître.

Ce vapeur approche et se retourne pour accoster ; alors plus de doute : c’est le vapeur « Lucy » arrivant du haut de la rivière Missouri.

— Quelle bonne aubaine, se dit-il, je vais prendre passage à son bord pour me rendre au fort Leavenworth.

Les deux vapeurs accostent en même temps.

Gustave débarque en toute hâte et se rend au vapeur « Lucy » ; le commis vient lui donner la main et s’informe de sa santé.

— Assez bien, merci, répond Gustave. Quand pensez-vous partir pour Saint-Joseph ?

— Demain.

— Alors j’aurai encore le plaisir de faire route avec vous.

Le commis lui répond par un sourire :

— Regardez, dit-il, en lui désignant le grand escalier.

Gustave se retourne et s’écrie :

— Ô ciel ! mon père ici !

M. Dumont, qui l’avait aperçu en même temps, s’élance à sa rencontre en disant : Mon fils ! mon Gustave !

Ils se jettent dans les bras l’un de l’autre et se tiennent ainsi embrassés sans proférer une parole.

Enfin M. Dumont dit en jetant un regard de tendresse sur son fils :

— Que je suis heureux de te voir, cher enfant ; tu ne sauras jamais ce que j’ai souffert depuis ton départ du fort Laramée. Mais comment sont ta mère et ta sœur ?