mulant des lèvres sa pensée, il ajouta tout bas : « Sois béni ! » Il procéda ensuite au départ, distribua des pourboires, reçut les adieux du petit gérant en redingote française et aux allures discrètes, et quitta l’hôtel à pied, comme il était venu, suivi du domestique portant les bagages à main, pour se rendre par l’allée blanche d’arbres fleuris à l’embarcadère situé de l’autre côté de l’île. Il y arrive, prend place… le reste fut chemin de croix, descente à tous les abîmes du regret.
C’était la traversée familière à travers la lagune, par le grand canal, en passant devant Saint-Marc. Aschenbach était assis sur le banc demi-circulaire de l’avant, le bras appuyé au dossier, la main au-dessus de ses yeux pour les protéger du soleil. Les jardins publics se trouvèrent dépassés, la piazzetta s’ouvrit encore une fois dans sa grâce princière, pour disparaître aussitôt, puis ce fut l’alignement grandiose des palais, et au tournant du canal se tendit la splendide