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CHAPITRE PREMIER
ar un après-midi de printemps de
cette année 19.. qui des mois durant
sembla menacer si gravement la
paix de l’Europe, Gustav Aschenbach, ou
d’Aschenbach — depuis son cinquantième
anniversaire il avait droit à la particule —
était parti de son appartement
de Prinzregentenstrasse à Munich, pour
faire seul une assez longue promenade.
Surexcité par les difficultés de son travail
du matin, auquel il lui fallait justement
apporter une attention toujours en garde,
une circonspection et des soins infinis,
une volonté pressante et rigoureuse,
l’écrivain n’avait pu, même après déjeuner,
arrêter en lui l’élan du mécanisme
créateur, de ce motus animi continuus