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Page:Thomas Mann, la Mort à Venise, 1929.djvu/27

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LA MORT À VENISE

de flânerie, l’air du large qui lui rafraîchirait le sang, pour que l’été fût supportable et donnât des fruits. Il voyagerait donc — soit. Pas trop loin, pas précisément jusqu’au pays des tigres. Une nuit en wagon-lit, et un farniente de trois ou quatre semaines dans quelque station cosmopolite du riant Midi.

Ainsi allait sa pensée tandis que se rapprochait le bruit du tramway venu par la rue d’Unger ; en montant il décida de consacrer la soirée à l’étude des cartes et des indicateurs. Sur la plate-forme l’homme au panama, ce compagnon d’un moment qui n’était pas indifférent, lui revint à l’esprit. Il le chercha des yeux mais ne put se rendre compte s’il était encore là. On ne le découvrait ni à l’endroit où il s’était tout à l’heure tenu, ni sur la place, ni dans le tramway.