blait venir se cristalliser toute idée de vertu passive et active. Il formait aussi le vœu ardent de vivre longtemps, car il avait toujours été convaincu que celui-là seul est un artiste, grand, total et vénérable vraiment, à qui il est donné d’exercer sa puissance créatrice et de représenter l’homme à tous les âges de la vie.
Devant, avec des épaules délicates, porter les charges du talent, et voulant aller jusqu’au bout, il avait un extrême besoin de discipline — la discipline heureusement il l’avait dans le sang du côté paternel. À cinquante, à quarante ans et même plus jeune, à un âge où d’autres se gaspillent, dissipent l’enthousiasme, remettent tranquillement l’exécution de grands projets, lui se levait avant l’aube. Il s’aspergeait le torse d’eau froide et devant son manuscrit encadré de deux grandes bougies de cire dans des chandeliers d’argent, pendant deux ou trois heures il offrait à l’art, d’un cœur fervent, le sacrifice des forces amassées durant le sommeil. Ne