vaient gré, se faisaient ses annonciateurs.
Il avait partagé l’élan jeune et brutal du siècle, et par lui poussé il n’avait pas redouté les faux pas, les écarts ; il s’était publiquement livré au mal, exposé sans tact, sans discernement dans ses discours et ses écrits. Mais il avait atteint à cette dignité dont il affirmait que dès toujours elle excite de son aiguillon le vrai talent, et l’on peut dire que son évolution n’avait été qu’une ascension vers des hauteurs où à force de méthode, en se raidissant, il était monté, par delà les obstacles du doute et de l’ironie.
La vie, la richesse des formes d’art qui parlent aux sens sans engager l’esprit, captivent la masse bourgeoise, mais la jeunesse passionnée et absolue ne s’attache qu’au problématique, et Aschenbach, autant que nul autre adolescent, avait été absolu et problématique. Il s’était montré purement, servilement cérébral ; de la connaissance il avait fait un moyen de brigandage, il avait coupé