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Page:Thomas Mann, la Mort à Venise, 1929.djvu/57

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LA MORT À VENISE

aile en saillie du temple fabuleux, la vue sur la Porte et la Grande Horloge ; et à ce spectacle il se prenait à penser qu’arriver à Venise par le chemin de fer, c’était entrer dans un palais par la porte de derrière ; il ne fallait pas approcher l’invraisemblable cité autrement que comme lui, en bateau, par le large.

La machine stoppa, des gondoles s’avancèrent ; on rabattit la passerelle, les douaniers montèrent à bord pour une visite superficielle des bagages ; on pouvait descendre à terre. Aschenbach exprima le désir d’avoir une gondole qui le conduisît avec son bagage jusqu’à la station de bateaux mouches qui font le service entre la ville et le Lido, car il avait l’intention de s’installer tout contre la mer. Entendu ! des ordres sont lancés aux gondoliers qui dans leurs gondoles se disputent en patois vénitien. Aschenbach veut descendre, mais il en est empêché par sa malle précisément, que l’on tire, traîne, pousse péniblement au long de l’escalier en échelle. Le voilà