donc condamné à subir pendant quelques minutes l’horrible vieux beau et les indiscrètes salutations dans lesquelles son ivresse le fait se répandre vis-à-vis de l’étranger. « Bon séjour, Monsieur, bon séjour à Venise », bêle l’homme en faisant des ronds de jambe. « Mille hommages et ne nous oubliez pas. Au revoir, excusez und bon jour, eEuer, Exzellenz ! » Il bave, plisse les paupières, lèche le coin de ses lèvres et l’on voit les poils de sa mouche teinte se hérisser sur son menton : « Meilleurs compliments, bafouille-t-il, touchant sa bouche du bout des deux doigts, meilleurs compliments à la bonne amie, à la très belle, très chère, très bonne amie… et soudain sa mâchoire laisse tomber un râtelier qui pend sur la lèvre inférieure. Aschenbach lui échappe. « À la bonne amie, à la belle amie », poursuit l’autre d’une voix avinée et qui roucoule entre deux hoquets, pendant que le voyageur descend la raide passerelle en se tenant à la corde.
Qui ne serait pris d’un léger frisson et