les mains croisées derrière le dos, le visage tourné vers la lagune allaient de long en large. Aschenbach enjambant la gondole monta sur la passerelle, soutenu par un de ces vieux qu’à Venise l’on trouve à chaque ponton, armés d’une gaffe. Comme il n’avait pas de monnaie il se rendit à l’hôtel d’en face pour changer et régler le batelier à sa guise. Après avoir changé, il revient ; sa malle a été déposée sur le quai dans une petite voiture, mais gondole et gondolier ont disparu. « Il s’est sauvé », dit le vieux. « Il ne faut pas se fier à cet homme-là. C’est un homme qui n’a pas son permis, Monsieur. Il est le seul gondolier qui n’ait pas de permis. Les autres ont téléphoné pour le signaler. Il a vu qu’on allait le cueillir. Il s’est sauvé. »
« Monsieur a été conduit pour rien », dit le vieux en tendant son chapeau. Aschenbach y jeta des pièces de monnaie. Il donna l’ordre de transporter ses bagages à l’Hôtel des Bains et suivit la charrette le long de l’allée, la blanche