rait alors La Mort à Venise à CorydonCorydon, et dans le cas de Thomas Mann comme dans celui d’André Gide il risquerait une erreur d’interprétation, faute de considérer les ensembles. Pour Thomas Mann d’ailleurs la passion que conçoit Aschenbach n’est qu’un épisode ; sans en diminuer l’importance, il ne faut lui attribuer qu’une valeur symbolique. Le héros du roman eût pu céder à un tout autre entraînement, au goût du jeu, à la manie de la cocaïne, sans que la signification profonde de l’œuvre en eût été changée.
Le conflit dont il s’agit ici est, en effet, moins sentimental qu’intellectuel, et moins dû à l’accident d’une rencontre qu’à la coexistence dans une nature d’homme d’éléments antagonistes. Déjà dans les Buddenbrooks il se dessinait. On y voyait aux prises, d’une part le sens bourgeois de la tradition, et de l’autre le sens artiste qui bouleverse l’acquis des générations, et sans doute crée de nouvelles valeurs, mais en détruisant les anciennes.
Thomas Mann au cours des années n’a