répugne à faire usage de ses observations, même dans son for intérieur. Mais joyeux et fortement ému à la fois, il était comblé de bonheur. Grâce à ce fanatisme enfantin dirigé contre la plus innocente scène, la divine insignifiance entrait en rapport avec l’humanité ; un précieux chef-d’œuvre de la nature, uniquement destiné au régal des yeux, apparaissait digne d’un intérêt plus profond, et la figure de l’éphèbe, déjà si remarquable par sa beauté, gagnait un relief qui permettait de le prendre au sérieux en dépit de sa jeunesse.
La tête encore détournée, Aschenbach écoutait la voix du jeune garçon, cette voix claire, un peu faible, avec laquelle il cherchait à s’annoncer de loin par un bonjour aux camarades occupés autour du fort. On lui répondit plusieurs fois en l’appelant par son nom ou par une forme de tendresse de son nom, et Aschenbach écoutait avec une certaine curiosité sans parvenir à saisir quelque chose de précis ; c’étaient deux syllabes