ses résolutions. Une chaleur lourde et répugnante régnait dans les ruelles ; l’air était si épais que les odeurs qui émanaient des habitations, magasins et gargotes, les vapeurs d’huile, bouffées de parfums et cent autres se maintenaient en traînées, sans se dissiper. La fumée de cigarette restait suspendue à sa place et ne s’éloignait que lentement. Le va-et-vient de la foule dans l’étroit passage importunait le promeneur au lieu de le distraire. Plus il allait, plus il sentait la torture de tomber dans l’état abominable que l’air marin et le sirocco réunis peuvent amener, état de surexcitation et d’abattement combinés. Une sueur d’angoisse sortit de ses pores. Ses yeux se voilèrent, sa poitrine se serrait, il tremblait de fièvre, les artères battaient sous son crâne. Il s’enfuit des rues commerçantes où il y avait foule et passa les ponts pour gagner les passages des quartiers pauvres. Là il fut importuné par les mendiants, et les émanations malodorantes des canaux lui coupaient la respi-
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LA MORT À VENISE