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Page:Thomas Mann, la Mort à Venise, 1929.djvu/98

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LA MORT À VENISE

res au rez-de-chaussée pour le déjeuner.

Il n’y avait encore personne au buffet quand il entra. La salle se remplit peu à peu, tandis qu’il attendait à sa table le déjeuner commandé. En buvant son thé, il vit entrer les jeunes Polonaises et leur gouvernante : graves, fraîches et les yeux encore rougis par la toilette matinale, elles gagnèrent leur table dans le coin à côté de la fenêtre. Aussitôt après, le portier vint lui annoncer, la casquette à la main, qu’il était l’heure de partir. L’auto attendait pour le conduire avec d’autres voyageurs à l’hôtel Excelsior, d’où le canot-automobile transporterait les voyageurs à la gare par le canal appartenant à la Compagnie. Il n’était que temps… Aschenbach trouva que rien ne pressait ; il restait plus d’une heure jusqu’au départ de son train. Il se fâcha contre la coutume des hôtels d’expédier trop tôt les clients qui partent et signifia au portier qu’il désirait déjeuner tranquillement. L’homme se retira à contre-cœur pour reparaître au bout de