Page:Tinayre - Gérard et Delphine - La Porte rouge.pdf/42

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Beaumont, avait de l’amitié pour Delphine ; ou chez Mme Necker, au Contrôle général ; ou chez M. Pourrat, banquier, directeur de la Compagnie des Eaux de Passy, lié depuis sa jeunesse aux Vauvigné. La fille de ce richissime Pourrat avait épousé Laurent Le Coulteux, associé de son père. Elle était douce et jolie. Elle recevait dans son château de Voisins, à Louveciennes, tous les Neker, tous les Montmorin, tous les Pange, tous les Trudaine, et les deux Chénier, amis de Gérard. Enfin, parce que Delphine l’avait exigé, Sevestre allait chez elle — le moins possible — avec répugnance, avec honte, avec colère. C’était pour lui un supplice humiliant. Mais cela lui permettait dès le lendemain de son retour, après l’audience du ministre, de se présenter à Blanche-Maison. Le Suisse lui dirait si Mme la comtesse recevait ou si M. le comte et la famille étaient dans leurs terres.

À penser qu’il avait une chance de voir bientôt Delphine, Gérard perdait la faculté de penser à autre chose. Il ouvrit ses lettres. François de Pange l’avertissait qu’il passerait le prendre, le lendemain matin, pour l’emmener à Versailles dans son cabriolet. Mme Le Coulteux l’invitait à souper à Louveciennes. Et ce paquet aux armes des Sevestre, c’étaient des nouvelles du pays. Il rompit le cachet. L’écriture de sa sœur Angélique l’attendrissait toujours. Cette sœur chérie, cette « quakeresse » comme il l’appelait, à cause de sa robe grise et de son fichu blanc, c’était la