Page:Tite Live - Histoire romaine (volume 1), traduction Nisard, 1864.djvu/66

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tier à son récit, l’assassin lève sa hache, lui en décharge un coup sur la tête, et, laissant le fer dans la blessure, s’échappe avec son complice.

Tarquin tombe mourant dans les bras de ceux qui l’entourent ; mais les meurtriers, qui fuient, sont arrêtés par les licteurs. Des cris s’élèvent ; le peuple accourt et demande avec étonnement ce qui se passe. Au milieu du tumulte, Tanaquil donne l’ordre de fermer les portes du palais, et écarte les témoins. En même temps elle prescrit les secours que réclame la blessure de son mari, comme si elle espérait encore le sauver, et elle se ménage d’autres ressources si cet espoir vient à lui manquer. Faisant appeler Servius, et lui montrant Tarquin près d’expirer, elle le conjure, en lui prenant la main, de venger la mort de son beau-père, et ne pas souffrir que sa belle-mère devienne le jouet de ses ennemis. "Si tu es un homme, ajoute-t-elle, le trône est à toi, Servius, et non pas à ceux qui ont recouru à des mains étrangères pour consommer le plus affreux de tous les crimes. Lève-toi, obéis aux dieux qui t’ont destiné à la puissance royale, toi, dont ils annoncèrent la haute fortune par la flamme céleste qui brilla jadis autour de ta tête. Que cette flamme t’échauffe aujourd’hui ; qu’aujourd’hui ton réveil commence. Et nous aussi, quoique étrangers, n’avons-nous pas régné ? Songe qui tu es, et non d’où tu sors. Si l’imprévu empêche ta résolution, du moins laisse-moi te conduire."

Cependant la multitude redouble ses cris ; son empressement devient irrésistible. Alors, d’une fenêtre élevée qui dominait la rue Neuve (car le roi habitait près du temple de Jupiter Stator), Tanaquil harangue le peuple, et l’exhorte à se rassurer. "La soudaineté du coup a étourdi le roi, dit-elle, mais la plaie n’est pas profonde ; il a déjà repris ses sens ; sa blessure a été examinée, le sang étanché, et le prince est hors de danger. Elle se flatte que dans peu ils le verront lui-même. En attendant, il leur ordonne d’obéir à Servius Tullius. C’est Tullius qui rendra la justice, et remplira les autres fonctions royales." Servius sort revêtu de la trabée, et, précédé des licteurs, s’assied sur le trône, prononce sur quelques affaires, et feint de vouloir, sur d’autres, consulter le roi. Ainsi, Tarquin, depuis quelques jours, avait cessé de vivre, et Servius, cachant cette mort, affermissait sa puissance, sous prétexte d’exercer celle d’un autre. Enfin, la vérité est déclarée, et, au milieu des lamentations qui retentissent dans le palais, Servius, entouré d’une garde sûre, s’empare de la royauté. Ce fut le premier exemple d’un roi nommé par le sénat seul et sans la participation du peuple. Les fils d’Ancus, sur la nouvelle que les assassins avaient été pris, que le roi vivait, et que l’autorité de Servius était plus solide que jamais, s’étaient exilés volontairement à Suessa Pométia.

Servius, après avoir mis sa puissance à l’abri de toute opposition de la part du peuple, voulut aussi la préserver des accidents domestiques ; et, afin de n’être pas traité par les enfants du feu roi comme celui-ci l’avait été par les fils d’Ancus, il fait épouser ses deux filles aux deux jeunes Tarquins, Lucius et Arruns. Mais la prudence de l’homme fut déjouée par l’inflexible loi du destin, et la soif de régner fit naître de toutes parts, au sein de la maison royale, des ennemis

intentas in eum se rex totns averteret, alter elatam securira in caput dejecit : relictoque in vulnere telo, arabo se foras ejiciunt.

XLL. Tarquinium moribundum qutim, qui ci rca erant» •xcepissent, illos fugientes lictores comprebendunt. Cia mor inde concursusque populi, mirantium qujd rei eiset. Tanaquil inter tumultum claudi regiara jubet, arbitres ejicit ; simul, quæ curando vulneri opus sunt, tanquam spes subesset, sedulo comparât : simul, si destituât spes, alia præsidia molitur. Servio propere accito quuin pæne exsanguem virura osteudi&set ;deitram tenons oral, ne inultam niortein soceri, ne socrum iniraicis ludibrio esse sinat. *Tuum est, iuquit, Servi, si vir es, regnura ; non eorum, qui alienis ma ni bus pessimura facinus fecere. Erige te, deosque duces sequerc, qui claruni hoc fore caput divinoquondamiircumfusoigni portenderunt. Nuuc te ilia cœlestis excitet flamma i nunc eipergiscere vere. Et nos peregrini regnavimus. Qui sis, non uude nains sis, repula. Si tua re subita consilia lorpent, attu raea sequere.» Quuni claraor impetusqueroultitudinisvusustineri posset, ex superiore parte ædium per fenestras, iu iptam viam versas ( habitabateoim rex ad Jofis Stolons) populum Tanaquil alloquitur. Jubet bono animo esse : « sopitum fuisse regera subito ictu : ferrura baud alte in corpus descendisse : jom ad se redisse. Inspectum vulnus, absterso cruore : omnia salubria esse : confidere, propediem ipsum eos visuros. Intérim Ser. Tullio jubere populum dicto audientem esse. Eum jura redditurum, obiturumque alia regis raunia esse.* Servius cura trabca etlictoribus prodit ; oc, sede regia sedens, alia decernit, de atiis eonsulturum se regem esse simulât. I ta que, per aliquotdies, quumjamexspirassetTarquiniu*, cela ta morte, per speciem alienæ fungendæ vicis suas opes Arma vit. Turo demum palam facto, et comploratiouein regiaorta ,Servius , præsidio llrmo munitus. primus injussu populi, votant ; te Patrum rcguavii. Anci liberi, jam tum compreheusis sceleris ministris, ut vivere regem, et tantas esse opes Servii nuotiatum est, Suessam Pometiam eisulatum ierant.

XLII. Nec jam publicis roagis consiliis Servius, quam pnvatis, munire opes. Et ne, qualis Anci liberum animus adversus Tarquinium fuerat, talis adversus se Tarquinii liberum esset, duas filias juvenibus regiis, Ludo atque Arunti Tarqniniis, jungit. Nec rupit tamen fati ue