Page:Tite Live - Histoire romaine (volume 1), traduction Nisard, 1864.djvu/79

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C’était une nation puissante et riche, et pour le temps et pour le pays. La guerre leur fut déclarée à cause de l’épuisement des finances, résultat des travaux somptueux, entrepris par Tarquin, lequel désirait de combler le vide et de regagner en même temps, par l’appât du butin, le cœur de ses sujets. Ceux-ci, en effet, irrités de son orgueil et de son despotisme, s’indignaient que le prince les enchaînât depuis si longtemps à des travaux de manœuvres et d’esclaves. D’abord on essaya de prendre Ardée d’assaut ; mais cette tentative eut peu de succès. On convertit le siège en blocus, et l’ennemi fut resserré dans l’enceinte de ses murs.

Durant ce blocus, et comme il arrive ordinairement dans une guerre moins vive que longue, on accordait assez facilement des congés ; mais aux officiers plutôt qu’aux soldats. De temps en temps les jeunes princes abrégeait les ennuis de l’oisiveté par des festins et des parties de débauche. Un jour qu’ils soupaient chez Sextus Tarquin, avec Tarquin Collatin, fils d’Égérius, la conversation tomba sur les femmes ; et chacun d’eux de faire un éloge magnifique de la sienne. La discussion s’échauffant, Collatin dit qu’il n’était pas besoin de tant de paroles, et qu’en peu d’heures on pouvait savoir combien Lucrèce, sa femme, l’emportait sur les autres. "Si nous sommes jeunes et vigoureux, ajouta-t-il, montons à cheval, et allons nous assurer nous-mêmes du mérite de nos femmes. Comme elles ne nous attendent pas, nous les jugerons par les occupations où nous les aurons surprises."

Le vin fermentait dans toutes les têtes. "Partons, s’écrièrent-ils ensemble," et ils courent à Rome à bride abattue. Ils arrivèrent à l’entrée de la nuit. De là ils vont à Collatie, où ils trouvent les belles-filles du roi et leurs compagnes au milieu des délices d’un repas somptueux ; et Lucrèce, au contraire, occupée, au fond du palais, à filer de la laine, et veillant, au milieu de ses femmes, bien avant dans la nuit. Lucrèce eut tous les honneurs du défi. Elle reçoit avec bonté les deux Tarquins et son mari, lequel, fier de sa victoire, invite les princes à rester avec lui. Ce fut alors que S. Tarquin conçut l’odieux désir de posséder Lucrèce, fût-ce au prix d’un infâme viol. Outre la beauté de cette femme, une réputation de vertu si éprouvée piquait sa vanité. Après avoir achevé la nuit dans les divertissements de leur âge, ils retournent au camp.

Peu de jours après, Sextus Tarquin, à l’insu de Collatin, revient à Collatie, accompagné d’un seul homme. Comme nul ne soupçonnait ses desseins, il est accueilli avec bienveillance, et on le conduit, après souper, dans son appartement. Là, brûlant de désirs, et jugeant, au silence qui l’environne, que tout dort dans le palais, il tire son épée, marche au lit de Lucrèce déjà endormie, et, appuyant une main sur le sein de cette femme : "Silence, Lucrèce, dit-il, je suis Sextus Tarquin : je tiens une épée, vous êtes morte, s’il vous échappe une parole." Tandis qu’éveillée en sursaut et muette d’épouvante, Lucrèce, sans défense, voit la mort suspendue sur sa tête, Tarquin lui déclare son amour ; il la presse, il la menace et la conjure tour à tour, et n’oublie rien de ce qui peut agir sur le cœur d’une femme. Mais, voyant qu’elle s’affer-

tqoe in es ætate, divitiis prspollens ; eaque ipsa causa helli fait, qaod rex Romanus tara ipse diUri, exbaastus mgnificentin pubücorara opérant, tuai prsda delinire populariura aoiraos stadebat ; præler aliam Miperbiam Kgno infestos etiam, quod se io fabroruiu minisieriis ac tcriili tara diu babitos opéré ab rege indignabaotur. Tentau res est, si primo ioipetu capi Ardea posset ; ubi îd parura processif obsidiooe raunitionibusque cœpti prtmi hosie*. la ils stalivis, ut flt loogo ma gis, quam acri bello, salis liberi commeatus erant ; primoribu* tamen inagis, quam militibus. Regii qoidera javenes hUerdum oliuni confiviis comissatiooibusque inter se léchant. Forte potaotibus bis apad Sex. Tarquinitim, ubi Collations coeoabat Tarquioius, Egerti lUius, incidit êe uioribus raealio ; suant quisque laudafe niiris modis. certaraine aoceaso, Coliatious uegat, verbia opus

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invitât regios juvenes. Ibi Ses. Tarquinium mala libido Lucretiæ per vira stuprand» capit ; tuxnfbrma, ttira spectata castitas incitât. Et tum qnidem ab nocturuo ju-

?enili ludo in castra redeuot.  

LVIIL Paucis inteijectis diebtts, Sex. Tarquioius, In •cio Collatino, cum comité uoo CoUatiam ?ènit. tJbi etceptus bcoigne ab ignaris oonsilii, quum post cœnam io bospitale cubiculum dedoctuS esset, araore ardens. postquara salis tuta circa , sopitique omoes videbantur, stricto gladio ad dormieutem Lucretiam venit. snUtraque manu mulieris pectore Oppresso, « Tace* Lucr tia. iuquit, Sex. Tarquioius sum : ferruni iu manu est : moriere, si emiserts vocero. >Quum pavida ex somoo mulier nullam openi, prope alertera immineotem, videret ; tum Tarquioius fateri amoremi or are. miscere predbus minas, versnre in Omoel partes muliebrem antmutn. Ubi ohstiaatam Tid#*bat, et ne mortis quidam nietu inclinait, addit ad met urfi